« Lâche prise ! » Combien de fois avez-vous entendu ce conseil ? Et combien de fois vous êtes vous dit « Mais comment on fait, concrètement ? ». Si vous êtes ici, c’est que vous en avez assez de tourner en rond avec cette injonction qui sonne creux.
Alors, lâcher prise, c’est quoi ? C’est l’art de cesser de vouloir tout contrôler – les résultats, les autres, ses émotions, son image…
Mais dans les faits, cela demande de :
- Faire confiance à ce qu’on ne maîtrise pas
- Accepter l’impermanence
Se détacher du besoin de tout comprendre
Et ça, pour un mental surentraîné au contrôle, c’est vécu comme une menace directe.
Le piège du "il suffit de lâcher prise"
Avant de devenir hypnothérapeute, j’étais vétérinaire. J’avais une tendance à vouloir tout contrôler : mon planning, mes diagnostics, mon organisation. Je n’arrrivais pas à déléguer, je voulais être partout. Évidemment, ce n’est pas possible quand on est vétérinaire. Il y a les urgences qui s’ajoutent, la médecine qui n’est pas une science exacte, les imprévus, la charge de travail.
Et je me répétais : « Il faut que tu apprennes à lâcher prise, Maud. »
Super. Mais COMMENT ?
C’est comme si on vous disait « Il suffit de voler » sans vous expliquer comment construire des ailes.
Pourquoi certaines personnes y arrivent et d'autres non
Pour certaines personnes, c’est plus naturel d’être dans le lâcher prise. Elles sont plus flexibles, elles ont moins besoin de prouver leur valeur, elles font plus naturellement confiance aux autres et au processus.
Pour les personnes qui n’arrivent pas à lâcher prise, il y a souvent un programme inconscient à l’œuvre. Nous contrôlons par peur. Peur d’être jugé.e, peur d’être rejeté.e, peur d’être abandonné.e, peur de perdre le contrôle sur notre vie.
L’hypercontrôle est une stratégie de protection, souvent acquise durant l’enfance.
Ce qui veut dire que si nous n’arrivons pas à lâcher prise, ce n’est pas de la mauvaise volonté. C’est une dissonance intérieure : Le cerveau primitif se sent en danger et résiste.
Pour arriver à lâcher prise de mieux en mieux, il y a alors plusieurs aspects à prendre en compte :
- S’autoriser à être imparfaits.es
- Pratiquer quotidiennement le lâcher prise pour entrainer son système nerveux (même 2 minutes)
- Se faire accompagner pour identifier les blocages inconscients et les schémas précoces automatiques
L’hypnose est un excellent outil pour aller reprogrammer ces peurs à la source. Pour transformer « je dois tout contrôler » en « je fais confiance au processus ».
Le non lâcher-prise, une affaire de schémas précoces
D’après Jeffrey Young (la thérapie des schémas), les schémas précoces inadaptés sont des modèles émotionnels et cognitifs ancrés dans l’enfance.
Parmi les schémas liés au non-lâcher-prise :
- Exigences élevées / perfectionnisme
- Méfiance / abus
- Contrôle émotionnel excessif
Ces schémas génèrent des comportements rigides pour éviter la souffrance. Et se désactivent difficilement par la simple volonté.
Les 4 blocages cachés qui vous empêchent de lâcher prise
Blocage #1 : Vous confondez lâcher prise et laisser tomber
Le problème : vous pensez que lâcher prise = abandonner.
La réalité : Lâcher prise, c’est arrêter de vouloir contrôler l’incontrôlable. Pas arrêter d’agir.
Exemple concret : Vous pouvez préparer votre entretien d’embauche (action) sans ruminer pendant 3 semaines sur ce que va penser le recruteur (contrôle illusoire).
La solution : Identifiez ce qui dépend de vous et ce qui n’en dépend pas. Agissez sur le premier, acceptez le second.
Blocage #2 : Votre cerveau reptilien croit que contrôler = survivre
Le problème : Votre cerveau primitif associe contrôle et sécurité. Lâcher prise = danger mortel pour lui.
La réalité : Cette programmation date de l’époque où un bruit dans les buissons pouvait signifier un prédateur. Aujourd’hui, elle vous fait stresser pour des e-mails.
Les signaux d’alarme :
- Vous vérifiez vos mails toutes les 10 minutes
- Vous refaites 3 fois le même travail « au cas où »
- Vous anticipez tous les scénarios catastrophe
La solution : Rassurez votre cerveau avec des rituels de sécurité. Par exemple : « J’ai fait ce que je pouvais, maintenant je fais confiance au processus. »
Blocage #3 : Vous portez les émotions de tout le monde
Le problème : Vous vous êtes habitués.es à prendre les émotions des autres par empathie, par syndrome du sauveur.
La réalité : Vous ne pouvez pas lâcher prise sur votre vie si vous portez le fardeau émotionnel de toute votre famille.
Ça vous parle ?
- Votre conjoint.e est stressé.e → vous stressez
- Votre enfant a un problème → vous culpabilisez
- Votre mère critique → vous vous justifiez
- Votre ami.e est triste –> vous vous sentez très mal
La solution : Apprennez à différencier vos émotions des leurs. Ce n’est pas de l’égoïsme, c’est de l’hygiène mentale.
Blocage #4 : Vous donnez trop d'importance au regard des autres
Le problème : Vous préfèrez contrôler et vous épuiser plutôt que de risquer qu’on vous voie « ne pas assurer ».
La réalité : Le perfectionnisme n’est pas de l’excellence, c’est de la peur déguisée.
Les phrases qui trahissent ce blocage :
- « Qu’est-ce qu’ils vont penser ? »
- « Je ne peux pas me permettre de rater »
- « Il faut que tout soit parfait »
La solution : Acceptez d’être imparfait.e. Personne ne regarde votre vie autant que vous. Faîtes vos choix pour vous et non pour les autres.
Les 3 étapes pour enfin lâcher prise (technique d'hypnose incluse)
Étape 1 : Identifiez votre "point de contrôle toxique"
Fermez les yeux. Pensez à une situation qui vous stresse actuellement.
Demandez-vous :
- « Qu’est-ce que j’essaie de contrôler exactement ? »
- « Est-ce que ça dépend vraiment de moi ? »
- « De quoi ai-je peur si je ne contrôle pas ? »
Étape 2 : La technique de l'ancrage positif
En hypnose et PNL, on utilise cette technique pour reprogrammer les automatismes.
- Pensez à un moment où vous vous êtes sentis.es parfaitement sereins.es
- Revivez cette sensation dans votre corps, amplifiez la sensation
- Ancrez ce ressenti en pressant l’ongle de l’index sur le pouce
- Répétez : « Je fais confiance au processus »
- Renforcez l’ancrage en reproduisant ce geste dès que vous ressentez une sensation de calme, de détente, de sérénité en pensant la phrase : « Je fais confiance au processus »
- Reproduisez cet ancrage chaque fois que votre mental s’emballe pour vous apaiser immédiatement
Étape 3 : La règle des 3 respirations
Quand vous sentez le besoin de contrôler monter :
- Respiration 1 : « Je reconnais que j’ai peur »
- Respiration 2 : « J’accepte cette peur sans la juger »
- Respiration 3 : « Je choisis de faire confiance »
Mes 3 conseils pour commencer dès aujourd'hui :
- Choisis UN domaine où vous allez expérimenter le lâcher prise cette semaine
- Utilisez la règle des 3 respirations à chaque montée de stress
- Célébrez chaque petit lâcher prise (même minime)
Passer par le corps avec le Yoga
Le contrôle, ce n’est pas qu’une idée. C’est une tension physique constante.
Ce n’est pas un hasard si la nuque, les épaules, la mâchoire sont toujours tendus chez les personnes en hyper-contrôle.
Un yoga doux, fonctionnel et régulateur est une porte d’entrée essentielle.
Non pour « performer », mais pour relâcher, ressentir, laisser circuler.
Le yoga stimule la résilience et permet de créer de nouveaux chemins neuronaux, favorisant ainsi la neuroplasticité.
Et maintenant ?
Le lâcher prise n’est pas un état permanent, c’est une pratique quotidienne. Certains jours, vous y arriverez. D’autres, vous recommencerez à contrôler. C’est normal.
L’important ? Ne plus subir vos automatismes de contrôle.
Vous voulez aller plus loin ?
Je propose des séances d’hypnose à Miribel et en visio pour vous accompagner dans vos problématiques. N’hésitez pas à me contacter pour découvrir comment l’hypnose peut vous aider à lever vos blocages et créer la vie que vous désirez vraiment.
Parce que parfois, on a besoin d’un regard extérieur pour voir ce qui nous échappe.
